B. Bourdin, Dieu est-il désenchanté?, 2026

Et si la modernité avait non pas mis fin à la question de Dieu, mais préparé son retour sous un autre nom ?
Plutôt que de représenter l’épuisement de la nomination de Dieu, la modernité pourrait être l’attente de son avènement autrement. Dans cette perspective, le désenchantement du monde n’est plus celui de Dieu, et la théologie politique ouvre une nouvelle manière de penser le sujet : non point comme soumis à une hétéronomie, mais appelé par celui qui ne se mesure pas. Conséquemment, la modernité ne devrait pas définir le sujet par la seule autonomie, mais par la capacité d’initiative grâce à laquelle les hommes forgent leur histoire individuelle et collective.
Si les religions politiques du XXe siècle ont confondu destin temporel et aspiration à un royaume qui n’est pas de ce monde, et si les religions civiles des XVIIe et XVIIIe siècles ont cherché une sociabilité commune, une théologie du politique relève d’un autre geste. En dé-coïncidant la nomination de Dieu et celle du politique, elle n’impose pas une norme religieuse, elle offre aux sociétés – démocratiques ou non – les ressources de l’incommensurable dans un monde dominé par la mesure. L’individu de droit, appuyé sur la technique, n’est pas encore un sujet tant qu’il se fait et reste la mesure de lui-même.
Mêlant érudition et précision, Bernard Bourdin relit les grandes mutations philosophiques et théologiques qui ont façonné l’Europe et propose une critique du théorème du désenchantement du monde, afin de repenser Dieu comme incommensurable, ressource d’un sujet politique moderne.
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